Lundi 9 juin 2008
Voila la deuxième partie du texte. Cela s'accompagne de modifications sur la première partie. La suite pour bientôt.

8h00, seconde sonnerie du réveil. Il arrache, à regrets, son regard de la photo et ouvre l’armoire, seul meuble de la pièce. La porte grince, pourtant, ce bruit l’apaise, le ramène dans sa réalité, lui permet de revivre avec ses fantômes. Il lui permet d’entendre le rire de son fils lors du reproche de sa femme pour ne pas avoir huilé la porte. Avec un léger sourire il prend le costume, obligatoire, des travailleurs de la Zone Industrielle Ouest. Un simple pantalon beige, accompagné d’une chemise de la même couleur. Une paire de chaussures, fabriquée spécialement pour être la plus résistante possible. La même combinaison de travail que trois millions d’habitants de la cité où, dans le dos, était inscrit son numéro. Le 1 91 01 75 025 004 94, qu’il connaissait maintenant par cœur, comme tous ceux qui habitent le même pays que lui connaissent le leur. En fait, il n’était plus que ce numéro pour tous ceux qui ne le connaissait pas, voire même pour certains qu’il avait connus. Beaucoup se sont arrangés pour ne plus le connaître lors de l’arrestation de sa femme. Cette solitude, qu’il a eut du mal à accepter, ne le dérange plus maintenant. Avec un nouveau soupir, il enfile son costume et jette un coup d’œil dans le miroir. Maudit miroir.


En 4 ans de sa nouvelle vie, il n’avait pas vraiment changé, seuls ses habits noirs s’étaient échangés contre le beige obligatoire. Ses traits se sont  sans doute un peu tirés, sa peau s’est naturellement tannée mais dans l’ensemble, rien n’a changé. Peut-être ses cheveux, qui commencent à blanchir sur les tempes. Il n’est pas si vieux pourtant, enfin, il ne lui semble pas. Et  le regard, plus terne, plus triste. Toute lueur semble avoir déserté son regard, sans aucun espoir de retour. En fait, ce reflet le dégoûte. Chaque parcelle de ce qu’il voit, de ce qu’il est devenu le hérisse. Il détourne les yeux avec un haussement d’épaule. Au final, tout cela est inutile puisque rien ne semble jamais pouvoir changer dans le monde nouveau, dans la société
nouvelle. Pourquoi changer la perfection ?


Il sort alors de sa chambre et prend le sac qui lui sert à ranger ses quelques affaires personnelles. Un stylo, quelques feuilles dénichées dans une corbeille et réutilisables et un parapluie pliable, rescapé de ses anciennes possessions. Sans doute n’aura-t-il jamais besoin de l’utiliser mais, sait-on jamais, il a lu quelque part que l’espoir faisait vivre.

Par AnarchoSatanique
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